Amadou Diallo Habila et Souleymane Abdoulaye ont soutenu, ce samedi 19 septembre 2026 à Niamey, les premières thèses de doctorat unique en SIC de l’UAM. Tous deux ont obtenu la mention très honorable avec les félicitations du jury.
NIAMEY, 19 septembre 2026. C’est une date que la recherche universitaire nigérienne retiendra. À l’Université Abdou Moumouni (UAM), deux doctorants ont défendu devant leur jury les premières thèses de doctorat unique en sciences de l’information et de la communication (SIC) jamais soutenues au Niger. Au terme de leurs présentations, les deux candidats ont obtenu la mention très honorable, assortie des félicitations du jury.
Quand la culture entre en campagne
Amadou Diallo Habila, en option communication politique et électorale, a présenté une thèse consacrée à « l’usage de la culture dans la communication politique au Niger pendant les élections présidentielles de 2011, 2016 et 2021 ». Son travail s’intéresse aux formes symboliques, artistiques et culturelles que mobilisent les acteurs politiques pour conquérir le pouvoir, puis pour le légitimer. Dans un exposé scientifique synthétique, le nouveau docteur a résumé les axes majeurs de ses recherches.
Les réseaux sociaux, nouveau terrain de bataille électorale
Souleymane Abdoulaye, en option communication politique et organisation, a soutenu une thèse intitulée « Usages des réseaux socio-numériques dans les stratégies de communication des coalitions politiques de la majorité et de l’opposition à l’élection présidentielle de 2020 au Niger ». Il y analyse la manière dont les deux camps investissent les plateformes numériques pour porter leurs messages en période électorale. Sa démonstration a convaincu le jury, qui lui a décerné la même distinction.
Un jury de haut rang
Les deux soutenances se sont déroulées devant un jury présidé par le Professeur Mahamane Sanoussi Tidjani Alou. Y siégeaient les directeurs de thèse, les Professeurs Abdou Aziz Issa Daouda, de l’Université Abdou Moumouni de Niamey, et Julien N’Guessan Atchoua, de l’Université Félix Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire), ainsi que les rapporteurs, les Professeurs Balima Regis Dimitri et Firmin Nosse Gouba, de l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou (Burkina Faso). L’examinateur était le Dr Boubacar Daouda Diallo, maître de conférences à l’Université Abdou Moumouni de Niamey.
Cette composition, qui réunit des enseignants-chercheurs du Niger, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, atteste de l’exigence scientifique de ces premières épreuves.
Une discipline qui s’installe
Au-delà du succès des deux candidats, ces soutenances marquent la consolidation de la formation doctorale en SIC à l’UAM. Elles interviennent dans un domaine au cœur des mutations sociales, politiques, culturelles et numériques contemporaines, et elles éclairent des enjeux centraux de la vie démocratique nigérienne : le recours aux ressources culturelles dans la conquête du pouvoir et l’appropriation des outils numériques dans les campagnes.
Le symbole est d’autant plus fort que l’université ne dispose pas, à ce jour, d’un département dédié à cette discipline. Les deux nouveaux docteurs sont appelés à contribuer à la recherche scientifique comme à l’enseignement supérieur, afin de promouvoir les SIC au Niger.
Laouali Kane





