L’avocat et web-activiste Me Lirwana Abdourahamane a été placé sous mandat de dépôt à la prison civile de Niamey ce mardi 22 septembre 2026, à l’issue de sa présentation au substitut du procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey.
Il avait été placé en garde à vue lundi soir, après plusieurs heures d’audition à la Division de la cybercriminalité de la Police judiciaire. Cette arrestation fait suite à une publication sur Facebook jugée de nature à troubler l’ordre public.
Il convient de rappeler que cet avocat est actif depuis plusieurs décennies dans le militantisme politique, y compris sous les précédents régimes, à l’image de la Septième République. En 2021, il défendait ainsi son client, le candidat à l’élection présidentielle Mahamane Ousmane, et avait saisi la Cour de justice de la CEDEAO pour faire valoir sa victoire, alors que la CENI l’avait déclaré perdant.
Me Lirwana Abdourahamane se trouvait en déplacement à Zinder le week-end dernier lorsqu’il a reçu sa convocation de la police judiciaire. Alertée par cette énième arrestation, la présidente du Barreau du Niger a dépêché une équipe d’avocats pour assurer sa défense. Malgré cette mobilisation, l’activiste passera sa première nuit à la prison civile de Niamey.
La loi portant répression de la cybercriminalité, instituée en 2019 au Niger, a connu plusieurs réformes, dont la dernière, en 2024, demeure particulièrement sévère : les peines qu’elle prévoit, non atténuées, continuent de frapper la classe politique, la société civile, le monde syndical et bien d’autres secteurs. Selon ses détracteurs, ce texte constituerait un moyen de restreindre la liberté d’expression et d’opinion, dans la mesure où, même lorsque les faits sont avérés, leur simple évocation publique expose à des poursuites. Plusieurs avocats ont, par le passé, plaidé pour sa révision. Il revient désormais à l’État nigérien de renforcer les mécanismes juridiques garantissant un espace public libre, démocratique et responsable.
Laouali Kane





