La pêche au Niger : un métier qui nourrit encore son homme !

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La pêche au Niger : un métier qui nourrit encore son homme !

Chaque année, avec l’arrivée de la saison pluvieuse, les cours d’eau du Niger retrouvent leur vitalité. Fleuve, mares et retenues d’eau se remplissent, offrant des conditions favorables à la reproduction des poissons et à la reprise des activités de pêche. Pour des milliers de familles, cette période représente un espoir de revenus. Mais face aux défis économiques, environnementaux et surtout sécuritaires, notamment dans les zones où cette activité est pratiquée, une question se pose : la pêche nourrit-elle encore son homme au Niger ?

Sur les rives du fleuve Niger et dans plusieurs régions du pays, les pêcheurs prennent leurs pirogues dès l’aube.

Normalement, en période hivernale, la pêche doit nourrir son homme au regard de la disponibilité des ressources halieutiques et de la forte demande en produits piscicoles. Mais la particularité de cette année est que la saison des pluies n’est pas totalement installée dans tout le pays. Raison pour laquelle les affluents du fleuve ne sont pas encore bien remplis pour pouvoir alimenter le fleuve en eau et en ressources halieutiques, notamment le poisson.

Selon le président National des pêcheurs du Niger, Mr Boubacar Boureima, les difficultés que rencontrent la filière pêche au Niger et ses principaux acteurs sont entre autres, « l’ensablement des cours d’eau, notamment le Fleuve Niger, la prolifération des plantes aquatiques envahissantes, telles que la jacinthe d’eau ou la tifa, les attaques des hippopotames, l’utilisation des engins de pêche prohibés, les barrages au niveau des bras du fleuve et la capture des petits poissons ».

Face à toutes ces difficultés, le président National des pêcheurs du Niger, M. Boubacar Boureima sollicite, au nom de tous les acteurs de la filière pêche, un appui conséquent de l’Etat et de ses partenaires, à disposer des « embarcations adaptées, d’équipements de pêche, une bonne politique de faucardage, un plan d’aménagement des mares, leur empoissonnement, leur suivi jusqu’à la récolte et une bonne politique de pisciculture ».

L’occasion pour M. Boubacar Boureima de rappeler que les différentes espèces de poisson qui sont les plus capturés par les pécheurs pour le besoin des consommateurs. Il s’agit entre autres, du « capitaine qui est l’espèce la plus prisée, la carpe, le silure et le poisson chat ».

Pour de nombreux pêcheurs, cette activité demeure leur principale source de revenus. « La vente du poisson nous permette de subvenir aux besoins essentiels de nos familles, de financer la scolarité de nos enfants et de faire face à nos dépenses quotidiennes », nous confie le pécheur Issa Adamou.

Les femmes jouent également un rôle essentiel dans cette chaîne de valeur en assurant le fumage, le séchage et la commercialisation des produits halieutiques.

Malgré toutes les contraintes liées à cette activité, la pêche reste un secteur stratégique pour la sécurité alimentaire et l’économie locale. Elle fournit des protéines à des milliers de ménages et crée de nombreux emplois directs et indirects dans la transformation, le transport et le commerce.

Au vu de l’importance et de la place qu’occupe l’activité de la pêche dans l’économie locale et son apport inestimable dans l’économie nationale, les acteurs de la filière pêche au Niger appellent les autorités nationales à les accompagner davantage dans leurs activités, à travers notamment des formations, un meilleur accès aux équipements modernes et aux mécanismes de financement adaptés ainsi qu’une gestion durable des ressources halieutiques. « Ces mesures nous permettront de renforcer nos capacités et d’améliorer nos revenus, tout en préservant les écosystèmes aquatiques », soutiennent-ils.

En dépit des difficultés qui assaillent le secteur, la pêche continue tout de même à nourrir de nombreuses familles nigériennes, particulièrement en cette période de saison hivernale.

Toutefois, pour qu’elle demeure une activité réellement rentable et durable, la filière pêche au Niger doit bénéficier des investissements conséquents, d’un meilleur encadrement et d’une gestion responsable des ressources, car derrière chaque pirogue, se cache une famille qui espère vivre dignement des richesses offertes par les eaux du Niger.

Amina Dioffo

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