Lutte contre l’intox : quinze jeunes relais formés à Niamey
Quinze jeunes ont été formés à la vérification des faits (fact-checking), du mardi 6 au mercredi 7 octobre 2026 à Niamey. Organisé dans la salle de Jeunes Volontaires pour l’Environnement, à l’initiative du Réseau des Jeunes Ambassadeurs de lutte contre l’intox, l’atelier a fait de ces participants des relais, dans leurs communautés, contre la désinformation, les attaques sexistes et les discours de haine.
Cette rencontre entrait dans le cadre du projet « Niamey Unie », une campagne citoyenne pour l’intégrité de l’information, la lutte contre les attaques sexistes et la cohésion sociale. Elle est portée par l’ONG SOS-Civisme-Niger, avec l’appui de la coopération suisse.
Dans son discours d’ouverture, la présidente du réseau, Fatimeh Maman Laouan, a présenté les raisons de cette formation à partir de ce que chacun observe sur les réseaux sociaux. « Vous le savez, une rumeur peut circuler plus vite que la vérité. Un vocal transféré, une photo hors contexte, un montage humiliant, en quelques minutes, peuvent semer la peur, la méfiance et la division. Et ceux qui en souffrent le plus sont les vulnérables, plus souvent des femmes qui osent prendre la parole », a-t-elle déclaré.
La formation s’est tenue dans un contexte où la révolution numérique transforme la société de masse en société de réseau. Dans cette démocratie numérique, chacun relaie l’information. Former des jeunes à servir leur communauté face à ce phénomène relève presque du sacerdoce.
Au programme, les participants ont d’abord appris à distinguer trois types de fausses informations : la désinformation, diffusée volontairement pour tromper ou nuire, la mésinformation, partagée sans le savoir par quelqu’un qui pense bien faire, et la malinformation, qui consiste à sortir une information ou une image réelle de son contexte.
Ils ont ensuite été initiés à la méthode SIFT, qui tient en quatre réflexes avant de partager un contenu : s’arrêter, se renseigner sur la source, chercher ce que disent d’autres sources indépendantes, puis remonter à l’origine du contenu. Les formateurs l’ont appliquée à un cas concret, celui d’un vocal sur l’eau qui ne citait ni auteur ni service et que nulle source officielle ne confirmait.
Les relais ont aussi travaillé sur la valeur des preuves, qui va du document original, du témoin direct ou de l’institution concernée à la simple capture d’écran ou au message transféré. Ils ont appris à conclure par l’un de ces verdicts : vrai, faux, trompeur ou non vérifié. Les formateurs ont insisté sur un point : mieux vaut reconnaître qu’on ne sait pas encore qu’avancer un démenti trop vite.
La dernière partie a porté sur les techniques d’investigation en sources ouvertes : retrouver un lieu ou un moment à partir d’une image, analyser les détails d’une photo ou d’un son, consulter les archives du web, et repérer les images générées par l’intelligence artificielle. Les participants ont été prévenus qu’aucun indice ne suffit seul et que les détecteurs automatiques ne sont pas fiables à 100 %.
À l’issue des deux jours, les quinze relais disposent d’une méthode et d’outils pour vérifier avant de partager, et pour aider leur entourage à en faire autant.
Laouali Kane






