Toutes les régions du pays étaient représentées, ce vendredi 25 septembre, à l’ouverture du 20e congrès ordinaire de l’Union des syndicats des travailleurs du Niger (USTN), au Centre culturel Oumarou Ganda (CCOG) de Niamey.
Fondée le 25 septembre 1960 sous l’appellation d’Union nationale des travailleurs du Niger (UNTN) avant de prendre son nom actuel en 1978, l’USTN est l’une des plus anciennes organisations syndicales du pays. Depuis six décennies, elle mène des combats pour la justice sociale, la dignité et l’émancipation des travailleurs. Ce 25 septembre, jour du congrès statutaire, coïncide précisément avec le 66e anniversaire du mouvement — une longévité qui, plus qu’une simple question de durée, résulte de décennies de luttes, de sacrifices, de persévérance et de dialogue au service de la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs affiliés.
Ce matin-là, l’atmosphère était électrique dans la grande salle de conférence du CCOG, où délégués des syndicats affiliés et coordinations régionales avaient pris d’assaut ce rendez-vous historique. Prenant la parole en premier, le coordinateur de la région de Niamey, région hôte, M. Idrissa Saley, a souhaité la bienvenue aux congressistes, tout en rappelant l’importance de la tenue régulière de cette instance pour la marche de l’organisation.
Dans son discours, le secrétaire général de l’USTN, Alain Adikan, est d’abord revenu sur l’histoire de la structure syndicale : les engagements pris au fil des décennies face aux mutations politiques, les défis liés à la défense des intérêts des travailleurs, les actions en faveur de la masse laborieuse, les revendications, le dialogue social, ainsi que l’implication de l’organisation dans les prises de décision. Il a ensuite présenté le thème retenu cette année, « Unité du mouvement syndical nigérien dans le contexte d’insécurité et de la refondation : défendre les acquis et bâtir un avenir équitable », un choix qu’il a jugé d’une importance fondamentale. « Notre pays compte aujourd’hui de nombreuses centrales et organisations syndicales : le pluralisme syndical est une réalité. Mais l’expérience accumulée nous commande d’interroger collectivement l’efficacité d’une dispersion durable des forces, lorsque les travailleurs font face aux mêmes difficultés », a-t-il déclaré, avant de préciser que l’USTN ne propose pas l’unité comme un slogan de circonstance, mais comme une nécessité stratégique.
Présent à la cérémonie, le secrétaire général du ministère de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi, M. Dounama Abdou, a salué les efforts des travailleurs et rendu hommage à l’ouverture d’esprit et au dialogue qui, selon lui, ont prévalu depuis l’arrivée au pouvoir du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). Il a exhorté les congressistes à davantage de compréhension, d’engagement et de dialogue afin de relever les défis liés aux conditions de vie et de travail des Nigériens.
Cette instance solennelle marque un tournant décisif pour l’organisation. Les congressistes auront pour mission d’analyser la situation socio-politique, économique et sécuritaire du pays, d’amender les textes statutaires et d’élire les nouveaux représentants chargés de porter la voix des travailleurs auprès des autorités compétentes. Dans un contexte marqué par l’insécurité et les transformations institutionnelles en cours, ce 20e congrès appelle les participants à un engagement sans faille pour constituer une équipe dynamique, à la hauteur des responsabilités syndicales qui les attendent.
Laouali Kane






