Après sept ans de mariage, Maimouna choisit la planification familiale pour mieux protéger sa famille
Mère de plus de cinq enfants, dont certains vivent avec la drépanocytose, Maimouna Ali a longtemps refusé la contraception. Aujourd’hui, après sept années de mariage, cette vendeuse ambulante a décidé d’intégrer la planification familiale dans sa vie quotidienne. Son objectif : espacer les naissances et pouvoir mieux prendre soin de ses enfants.
Dans son quartier, Maimouna mène une vie de vendeuse ambulante tout en assumant son rôle de mère. Son dernier enfant, âgé de huit mois, est encore allaité. Pour elle, la décision de recourir à la contraception est le résultat d’une longue réflexion, nourrie par les difficultés auxquelles elle fait face au quotidien avec des enfants atteints de drépanocytose.
Avant, je refusais de prendre des contraceptifs. Je me disais que c’est Dieu qui nourrit. Mais au fil du temps, après chaque accouchement, on me disait que mes enfants souffraient de drépanocytose. J’ai plus de cinq enfants. Tu ne peux pas imaginer le coût des médicaments, témoigne Maimouna
Son mari est commerçant. Malgré leurs activités, les dépenses liées à la prise en charge de leurs enfants pèsent lourdement sur le budget familial.
Nous arrivons parfois à un moment où même un franc nous manque », raconte Maimouna.
Face à cette réalité, elle décide de se convaincre elle-même, puis de convaincre son mari de l’importance d’espacer les naissances.
Quand la contraception devient une solution pour mieux prendre soin des enfants
La décision n’a pas été facile. Maimouna explique qu’il lui a fallu discuter avec son mari de leur santé reproductive et des moyens de contraception disponibles.
Avec l’accompagnement des sages-femmes, le couple a découvert différentes méthodes de planification familiale. Après les échanges, Maimouna et son mari ont choisi les comprimés contraceptifs.
C’était difficile de convaincre mon mari, mais maintenant, Dieu merci, j’ai l’esprit tranquille. Ce bébé de huit mois que j’allaite, je sais qu’il va pouvoir grandir sans avoir tout de suite un petit frère ou une petite sœur. Nous allons pouvoir nous occuper des autres, explique-t-elle.
Pour Maimouna, espacer les naissances ne signifie pas renoncer à avoir des enfants. Il s’agit plutôt de prendre le temps de s’occuper de ceux qu’elle a déjà, particulièrement ceux qui vivent avec la drépanocytose et nécessitent une attention et des dépenses supplémentaires.
Son expérience l’amène aujourd’hui à lancer un message aux autres parents confrontés à la même situation.
Aux femmes qui ont des enfants drépanocytaires, je leur demande de s’intéresser à la planification familiale. Cela peut nous permettre de protéger nos enfants, de mieux prendre soin d’eux et de mieux faire face aux dépenses liées à leur maladie.
Pour Maimouna, la planification familiale est ainsi devenue un moyen de mieux organiser sa famille et de préserver les ressources nécessaires à la prise en charge de ses enfants.
Une décision longtemps encouragée par son entourage
Depuis trois ans, Ramatou, une voisine et amie de Maimouna, dit avoir été témoin des difficultés qu’elle traverse avec ses enfants drépanocytaires.
Elle raconte avoir régulièrement essayé de la convaincre de recourir à la planification familiale.
À chaque fois, je lui disais vraiment, avec toutes les dépenses que vous faites lorsqu’il y a une crise, tu ne penses pas à prendre des contraceptifs ? Au moins, espace tes naissances pour pouvoir te reposer et prendre soin des enfants malades. Elle me répondait toujours non témoigne Ramatou.
Pour cette voisine, le changement de décision de Maimouna est aujourd’hui une source de satisfaction.
Aujourd’hui, je suis tellement contente pour elle qu’elle a accepté d’arranger sa vie, ajoute-t-elle.
Amina Dioffo




