Chaque mois d’octobre, des femmes et des hommes du monde entier s’habillent de rose pour rappeler une réalité : le cancer du sein, s’il est détecté tôt, peut être soigné. Cette campagne mondiale de sensibilisation, née aux États-Unis au milieu des années 1980, vise à encourager le dépistage précoce, qui augmente considérablement les chances de guérison. C’est dans cet esprit que la commission des affaires féminines (CAF) de l’Union des étudiants nigériens (UENUN) à l’université Abdou Moumouni de Niamey a organisé, ce mardi 20 octobre 2026 au campus universitaire, la deuxième édition de sa campagne de sensibilisation et de dépistage du cancer du sein.
Placée sous le co-parrainage du recteur de l’université et de la présidente du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), la rencontre s’est déroulée sous le thème : « La refondation au Niger, investir dans la santé des femmes, c’est investir dans l’avenir du pays ». Par cette initiative, les étudiantes entendent prendre leur part dans un combat mené par de grandes organisations internationales, régionales, sous-régionales et nationales.
Le cancer du sein résulte de la multiplication anormale de cellules dans la glande mammaire. Plusieurs facteurs augmentent le risque : l’avancée en âge, les antécédents familiaux, certaines prédispositions génétiques, des facteurs hormonaux, ainsi que le surpoids, la sédentarité, la consommation d’alcool et de tabac. Avoir un de ces facteurs ne signifie pas que l’on développera la maladie, et son absence ne protège pas totalement. Découvert tardivement, le cancer nécessite des traitements longs et coûteux, laisse parfois des séquelles physiques et psychologiques, fragilise les familles et peut être mortel. Détecté tôt, il se soigne beaucoup plus facilement. D’où l’importance de la prévention : autopalpation régulière, examen clinique par un professionnel de santé, consultation sans attendre devant toute anomalie (boule, écoulement, modification de la peau ou du mamelon), dépistage selon l’âge et les recommandations médicales, et hygiène de vie saine.
Dans son discours d’ouverture, la déléguée générale de la CAF, Idi Goge Linda, a expliqué le sens du thème et invité ses camarades à se faire dépister et à prendre soin de leur santé, pour elles-mêmes comme pour la société. « La refondation ne doit pas seulement être un concept ou un discours, elle doit se traduire par des actions concrètes qui améliorent les conditions de vie de nos populations », a-t-elle déclaré. Elle a ensuite interrogé l’assistance : « Peut-on parler véritablement de développement si la santé des femmes n’est pas prise en compte ? » Pour elle, la réponse est évidente : « Investir dans la santé de la femme, c’est préserver des vies, protéger des familles et renforcer le capital humain de notre nation. »
La cérémonie a réuni plusieurs partenaires et syndicats. Le secrétaire général de l’UENUN à l’université de Niamey, Malam Wolli Abatcha Ari, a rendu hommage aux femmes victimes de cette maladie ainsi qu’à celles et ceux qui les accompagnent dans leur prise en charge. « La santé de la femme ne concerne pas uniquement les femmes, elle nous concerne en tant qu’hommes et, surtout, en tant qu’êtres humains », a-t-il souligné, plaidant pour des séances de sensibilisation et d’information afin que les femmes touchées puissent être soulagées.
Le directeur du Centre régional des œuvres universitaires (CROU), Seydou Abdoulaye, s’est lui aussi réjoui de l’événement et a réitéré l’engagement de sa structure à accompagner les étudiants dans leurs missions.
Au nom de la présidente du FSSP, Elhaj Alkali Adamou, chargé de la communication, a remercié les organisateurs avant d’inviter les étudiants à contribuer à démystifier le dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus, afin que chacun en connaisse la nature et l’utilité.
Pour la représentante du recteur, Dr Yayé Saidou Hadjara, la santé est la condition sine qua non de tout développement. « Le développement d’une nation ne se mesure pas uniquement à ses infrastructures ou à ses performances économiques, il se mesure aussi à sa capacité à protéger la vie et à préserver la dignité humaine », a-t-elle affirmé. Elle a rappelé que la lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus exige une mobilisation constante des pouvoirs publics, des professionnels de santé, des institutions éducatives et de la société civile.
Pour joindre l’utile à l’agréable, partenaires, étudiants et syndicats se sont ensuite rendus à l’infirmerie du campus, où la coupure du ruban a lancé officiellement la campagne gratuite de dépistage du cancer du sein. Les organisateurs ont également programmé une séance de don de sang pour sauver des vies.
Au-delà de l’apprentissage, cet événement montre que ces futurs cadres peuvent apporter leur pierre à l’édifice dans la lutte contre cette maladie.
LAOUALI KANE




