PORTRAIT
Malam Wolli Abatcha Ari, nouveau secrétaire général de l’Union des étudiants nigériens à l’Université de Niamey
Le 1er octobre 2026, au terme d’un scrutin âprement disputé, l’Union des étudiants nigériens de l’Université de Niamey (UENUN) s’est choisi un nouveau secrétaire général : Malam Wolli Abatcha Ari. À la tête de la liste n° 2, il l’emporte avec 4 894 voix, selon les résultats globaux provisoires. Il devance de 1 541 voix la liste n° 1 (3 353 voix) et de 1 749 voix la liste n° 3 (3 145 voix). La liste n° 4 n’a recueilli que 35 voix. Du haut de son 1 m 90, ce syndicaliste de moins de 30 ans domine la scène estudiantine autant par la stature que par l’autorité morale.
Né à Bosso, dans la région de Diffa, il grandit dans l’est du pays. Après l’école primaire de son village natal, il poursuit ses études secondaires au lycée Idriss Alaoma, où il décroche le baccalauréat série A4 en 2016. Dès l’enfance, il cultive le sens du service. Il aurait pu faire sienne la formule de Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. »
À l’université, il intègre le département des lettres, arts et communication de la Faculté des lettres et des sciences humaines. Il y gravit un à un les échelons de la représentation : délégué de section, délégué principal du département, délégué principal de la commission des affaires académiques, puis délégué chargé des affaires sociales. Ses pairs le portent enfin à la tête de la délégation générale de la faculté. Sa méthode est celle de la proximité, jamais celle du bruit. Ses camarades en sont convaincus : améliorer leurs conditions académiques et sociales est son véritable cheval de bataille.
Élu secrétaire général adjoint du comité exécutif de l’UENUN, il prend en charge la formation syndicale, politique et idéologique. De la médecine à l’agronomie, de la FSJP à l’École normale supérieure, de la faculté des sciences et techniques à celle des lettres, il sillonne tous les campus, y compris pendant les vacances, « du fleuve Niger aux confins du Ténéré ». Ses proches, et même ses adversaires, lui reconnaissent une même qualité et le surnomment « le travailleur certifié ».
En 2025, il se présente à la magistrature suprême de l’union et termine deuxième, avec plus de 4 000 voix. Plutôt que de s’avouer vaincu, il poursuit sa tournée des campus, fidèle à Antoine de Saint-Exupéry : « L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle. » Un an plus tard, les étudiants lui donnent sa revanche, rappelant le mot de Nelson Mandela : « Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre. »
Dès sa première prise de parole, après la proclamation des résultats par la table de séance centrale, le nouvel élu a exprimé sa satisfaction pour le combat mené par les partisans de sa logique. Il a ensuite renouvelé ses remerciements à l’ensemble des militantes et militants de l’organisation, ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à cette victoire tant attendue. Tendant la main à ses adversaires, il les a appelés à l’unité, « le seul gage de l’évolution de notre cadre organisationnel ». Et d’ajouter : « Je serai le secrétaire général de tous les étudiants. »
Sociable, courtois, ferme dans ses décisions, le nouveau secrétaire général est également étudiant en master 2, option communication et multimédia. Il hérite d’un mandat d’un an, qu’il veut consacrer à la défense des intérêts matériels et moraux de ses camarades et à l’amélioration de leurs conditions de vie et d’études. Une ambition que résume Joseph Ki-Zerbo : « On ne développe pas, on se développe. »
Laouali Kane




