Niamey réserve un accueil grandiose à Assimi Goïta
Niamey a vibré ce jeudi 5 novembre 2026 au rythme de la fraternité sahélienne. Assimi Goïta, premier à avoir présidé la Confédération des États du Sahel, a atterri à l’aéroport international Diori Hamani, où le Général d’Armée Abdourahamane Tiani l’attendait au pied de l’avion. Autour du chef de l’État nigérien se tenaient le Premier ministre, les membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, ceux du gouvernement, le gouverneur de la région de Niamey, le Général de division Assoumane Abdou Harouna, des diplomates accrédités à Niamey, ainsi que de hautes personnalités civiles et militaires.
Après la revue des troupes, les deux hommes se sont isolés pour un tête-à-tête, avant de prendre la route du Palais présidentiel. Sur tout le parcours, la ville était en fête. De l’aéroport au rond-point de l’hôpital, en passant par la place Tarha Nakal et le rond-point sixième, des milliers de Nigériens de toutes conditions s’étaient massés sur les bas-côtés. Drapeaux du Niger, du Mali et de l’AES au vent, ils ont salué le cortège en scandant le nom des deux présidents jusqu’aux portes du Palais.
Cette visite n’a rien d’une simple étape protocolaire. Elle fait suite au sommet Afrique-Russie de Moscou, où le dirigeant malien a pris la parole au nom de la Confédération. Il vient en rendre compte à ses pairs avant de rallier Ouagadougou. Moscou traduit un choix assumé : multiplier les partenaires pour ne plus dépendre d’un seul interlocuteur. Les trois États disent bâtir leurs alliances en fonction de leurs intérêts, de la défense à l’économie.
Cette diversification s’accompagne d’une activité diplomatique de plus en plus visible dans la région. Parmi les évolutions les plus commentées figure le rapprochement entre Alger et Bamako, après une période de relations tendues. Certains observateurs l’attribuent à la médiation du Général Tiani, lors de sa visite en Algérie en février dernier. Que l’on y voie ou non la main de Niamey, ce dégel change la donne : il apaise un front sensible et ouvre la voie à une coopération plus sereine entre deux voisins qui partagent de longues frontières et des préoccupations communes.
Le contexte international, lui, n’a rien de rassurant. Entre rivalités d’influence, recompositions d’alliances et crispations politiques, les États qui font des choix tranchés attirent inévitablement l’attention. L’audace n’est jamais anodine, et celle de la Confédération ne laisse personne indifférent. Les enjeux sont lourds, les opportunités réelles, les menaces tout autant. Aux marges libyennes et tchadiennes comme dans la zone des trois frontières, la vigilance reste de mise.
C’est pourtant sa détermination qui constitue, selon plusieurs analystes, l’atout majeur de l’AES. Elle lui a permis de se faire entendre dans plusieurs enceintes où les États se mesurent, et d’y défendre une ligne fondée sur la souveraineté et le libre choix des partenaires.
Reste le chantier de la mutualisation des forces. Après trois ans de cheminement commun, le Mali, le Burkina Faso et le Niger entendent faire agir leurs armées comme un seul dispositif, en particulier dans le Liptako-Gourma, à la jonction de leurs frontières. Les défis demeurent considérables, mais la volonté de les relever s’exprime dans plusieurs domaines : coordination militaire, projets communs, intégration progressive. L’ambition affichée est de faire de cette zone un espace durablement sûr et profitable aux populations des trois pays.
Trois États, un même cap : Niamey a salué, dans la ferveur, une alliance qui entend désormais s’inscrire dans la durée.
LAOUALI KANE






