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Tentatives de déstabilisation au Niger : un inspecteur de police met en cause des opposants en exil et des intermédiaires présumés

Les déclarations de l’inspecteur de police Habibou Oumarou Mamane, diffusées vendredi 23 octobre au soir sur les antennes de la Radiodiffusion-Télévision du Niger (RTN), ont relancé le débat sur les tentatives de déstabilisation visant le pays. Connu sous le pseudonyme de « Rebelle », le policier avait été annoncé porté disparu par sa famille quelques jours plus tôt. Il est réapparu à l’écran pour faire un récit détaillé d’une mission qui lui aurait été confiée.

Selon ses déclarations, il lui était demandé de localiser, puis d’organiser l’exfiltration de Niamey du lieutenant-colonel béninois Pascal Tigri, présenté comme l’auteur de la tentative de coup d’État de décembre 2025 contre le président Patrice Talon. Il affirme que cette mission lui a été confiée le 27 février 2026 par un interlocuteur du nom d’Ange Chekaraou.

L’inspecteur met en cause des opposants au CNSP et d’anciens proches vivant en exil, parmi lesquels Kader Wilik. Il évoque également des intermédiaires qu’il dit liés aux services de renseignement béninois. D’après son témoignage, des récompenses financières, des passeports diplomatiques et des fonctions officielles auraient été promis aux participants en cas de réussite de l’opération. Ces promesses restent des affirmations du témoin. Elles ne constituent pas, à ce stade, une preuve de l’implication des autorités béninoises.

Le policier dit avoir récupéré deux millions de francs CFA au Grand Marché de Niamey pour financer les recherches. Il fait aussi état d’une rencontre à Malanville, au Bénin, avec un homme se faisant appeler « David », qu’il décrit comme l’un des interlocuteurs de cette opération.

Les personnes citées ont réagi sur leurs comptes Facebook pour démentir ces accusations, sans toutefois apporter d’éléments précis pour les contredire. En attendant les résultats d’une enquête approfondie qui permettra de statuer sur ces cas, un rappel s’impose : depuis janvier 2026, le pays a connu plusieurs entreprises de déstabilisation, restées vaines mais qui ont malheureusement fait des victimes civiles et militaires.

  • Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, une attaque a visé la base aérienne 101, à l’aéroport international de Niamey. Les autorités l’ont attribuée à l’État islamique au Sahel.
  • En juin 2026, une nouvelle attaque a ciblé l’aéroport de Niamey. Elle a été attribuée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM/JNIM), lié à Al-Qaïda.
  • Dans la nuit du 28 au 29 août 2026, des tirs nourris et des affrontements ont éclaté à Niamey lors d’une tentative de coup d’État menée par une unité des forces spéciales, repoussée par les forces loyalistes avec l’appui de l’Africa Corps.

Ces événements du mois d’août ont été qualifiés par le gouvernement nigérien de tentative de déstabilisation visant à ébranler les fondements des institutions. En septembre, les autorités avaient annoncé avoir constitué un dossier en vue d’éventuelles démarches devant la justice internationale. Cette seconde révélation, plus rocambolesque que la première, vient s’ajouter au dossier. Les autorités nigériennes se réservent le droit de poursuivre les personnes concernées devant les juridictions compétentes.

Attenter à la sûreté de l’État constitue une infraction pénale majeure, qualifiée de haute trahison.

LAOUALI KANE

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