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Environnement : Niger changement climatique, le lac de Madarounfa menacé d’assèchement

Situé dans le département de Madarounfa, région de Maradi, le Lac de Madarounfa traverse une situation critique de dessèchement de sa plus vaste partie appelée localement «Gora» représentant plus de 4/5 de sa superficie totale. Selon les anciens, cette situation n’est pas survenue il y a 80 ans de cela, alerte, le Directeur départemental de l’environnement et de la Lutte contre la désertification de Madarounfa, le Lieutenant-colonel Moussa Illiassou.

D’une superficie qui fluctue selon les saisons, le Lac Madarounfa peut atteindre 800 hectares en période de crue et 524,32 hectares lors de la décrue. Alimenté par le Goulbin Maradi et le Goulbin Gabi qui l’approvisionnent en eau et en sédiments chaque année pendant la saison des pluies, sa profondeur varie de 1,5 à 5 mètres selon les saisons et les zones.

Le lac de Madarounfa joue un rôle primordial sur le plan socioéconomique et culturel. C’est un grand site touristique qui abrite dans son lit et ses alentours 99 tombeaux des saints qui attirent l’attention des populations surtout musulmanes venant de toutes les régions du Niger, du Nord Nigeria, du Sénégal et du Mali. Ce qui le classe comme premier site touristique culturel et spirituel du département de Madarounfa.

Tous les villages limitrophes du Lac (au nombre de 5) sont habités par des communautés de pêcheurs, des agriculteurs, des apiculteurs et des éleveurs.

Le lac assure non seulement la satisfaction des besoins en eau des populations et du cheptel, mais aussi, il offre des conditions favorables au développement de la diversité biologique.

Réputé être, la plus grande zone humide de la région de Maradi, le lac Madarounfa est un important écosystème inscrit site RAMSAR depuis le 18 Décembre 2019 ; Ce qui veut dire en d’autres termes qu’il est d’intérêt international et que le Niger s’est engagé à le gérer rationnellement.

Son assèchement pourrait être causé, selon le Lieutenant-Colonel Moussa Illiassou, par l’ensablement du Lac couplé avec la prolifération des plantes envahissantes aquatiques ; la non alimentation du Lac cette année par les goulbi en raison des ouvrages de captages d’eau réalisés au Nigéria ; Le changement climatique ; les températures extrêmes exceptionnelles enregistrées cette année et la forte pression des usagers.

Les populations du département et des cinq (5) villages environnants s’inquiètent de cette situation de dessèchement qui risque à terme de provoquer une perte de la biodiversité aquatique, un déséquilibre écologique et le ralentissement des activités socioéconomiques autour du lac.

Les populations locales et la direction technique départementale estiment qu’il y’a urgence pour sauver le lac menacé de disparition.

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